vendredi 1 août 2008

Revoter ? Chiche !

Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 1 août 2008

Ainsi donc, Nicolas Sarkozy a décidé de faire revoter les Irlandais qui ne veulent pas de son mini traité de 300 pages. Voilà au moins une décision que sait prendre « l’Europe », impuissante à décider sur les questions essentielles comme la réforme de la fiscalité face à la crise des matières premières, mais par contre, unanime pour prendre une décision-phare pour l’avenir des peuples : l’interdiction de la fessée, votée à l’unanimité par le machin dénommé « Conseil de l’Europe ».

Revoter ? Passons sur l’insulte faite au peuple et sur le suffrage universel foulé au pied et acceptons l’augure d’un nouveau vote.

Bien évidemment, si les Irlandais avaient voté OUI à 50,00001 %, la question ne se poserait pas. Pas plus qu’elle ne s’est posée pour le référendum espagnol qui a vu la même constitution approuvée avec 70% d’abstention. En Europe, on ne revote que pour dire OUI.

Soit, revotons. Mais pour tout.

Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme où il se présentait comme :
  • le « candidat du pouvoir d’achat » : on voit le résultat
  • celui qui allait en finir avec mai 68 : il est la parfaite illustration du « jouir sans entraves » des barbons de 68 et son mariage célèbre les noces de la droite d’argent et de la gauche bobo.
  • le retour à l’autorité dans l’éducation : or, la destruction de l’éducation nationale se poursuit avec la mise en examen des professeurs qui ont encore des « fantasmes d’autorité », pour reprendre le vocabulaire en cours au ministère de l’éducation.
  • l’homme de la restauration des valeurs de l’indépendance nationale : moins d’un an après son élection, la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est décidée.
  • celui qui a dit « la constitution européenne, c’est plié, on n’en parle plus, on se contentera d’un traité de quelques pages » : on connaît la suite…
Et j’en passe car la liste serait trop longue.

Alors oui, revotons. J’ai moi-même appelé à voter Sarkozy au 2nd tour. Je le regrette amèrement aujourd’hui. J’ai commis une lourde erreur. Je demande donc à pouvoir rectifier mon vote.

Il est vrai que cela ne servirait pas à grand-chose, puisque lors de cette élection, verrouillée par le système des partis qui a fait bloc pour me refuser les signatures nécessaires à ma candidature, nous n’avions le choix qu’entre trois candidats alignés sur une position commune : oui, oui et oui. On a vu ce qu’il en était de la promesse de la candidate socialiste de s’opposer à la ratification du Traité de Lisbonne par voie parlementaire. Idem pour le supposé candidat de la troisième voie, qui n’était qu’une voie de garage.

Mais surtout, avant de revoter, faisons voter les citoyens qui n’ont pu le faire, les élites reconnaissant à voix basse que partout, s’il y avait referendum, les peuples refuseraient ce que leurs supposés représentants ont adopté.

Il nous reste une opportunité : les élections européennes. J’y prendrai la tête de listes républicaines défendant les principes fondamentaux de la souveraineté populaire, de l’indépendance nationale, de la reconstruction de notre économie, de la défense des services publics et de la justice sociale.

Oui, nous allons voter et nous allons battre les candidats de l’oligarchie au pouvoir !

Source: NDA

mardi 29 juillet 2008

Quand les actionnaires se nourrissent de nos institutions locales

Article d'Isabelle Rey-Lefebvre le 17 juillet 2008 :

« Le Monde », 17 juillet 2008 La crise du crédit est en train de s’étendre aux collectivités locales. Selon l’étude de l’agence de notation financière Fitch publiée mercredi 16 juillet, un quart des 105 milliards d’euros empruntés par les communes, départements et régions le sont dans le cadre de prêts complexes dont certains subissent, depuis 2007, une très forte hausse de leurs taux. Environ 20 à 25 milliards de prêts particulièrement risqués entraînent certaines communes dans « une fuite en avant ». (…)

Le mécanisme est souvent le même : le crédit est consenti dans un premier temps à un taux bonifié voire nul, donc extrêmement favorable, puis bascule vers un taux dit « dégradé ». Celui-ci est censé compenser les avantages de la première période, à un niveau inconnu à l’avance et fixé en fonction de critères variés : taux de l’argent, inflation ou différentiel d’inflation, taux de change entre deux ou trois monnaies, écart entre taux à court et long terme…

La première phase permet, bien sûr, des économies d’intérêts, bienvenues le temps d’un mandat électoral, repoussant à plus tard la vérité des coûts ou tablant sur une improbable baisse des taux. Mais c’est l’inverse qui s’est produit ! « Les banquiers présentent des simulations sur vingt ans, avec des hypothèses d’évolution de taux très favorables, et se gardant bien d’envisager un scénario pessimiste », raconte Jacques Descourtieux, directeur général de Finance Active. Ce prestataire qui met à la disposition de ses 1 500 collectivités locales abonnées des outils informatiques pour gérer leur dette dispose, ainsi, d’un observatoire privilégié de l’endettement local. « Dès 2005, nous alertions sur les dangers de ces produits et déconseillions de les souscrire », précise-t-il.

Ainsi, une communauté de communes rurales de 6 000 habitants a pu accumuler une dette de 74 millions d’euros et s’est vu proposer, par la banque Dexia, un emprunt de restructuration. Son taux est passé brutalement de 5,3 %, les premières années à 8,68 % en 2008, doublant ses frais financiers. « Le piège, c’est qu’une fois la période du taux bonifié passée, l’emprunteur ne peut se défaire de son prêt, sauf au prix d’indemnités exorbitantes ou à renégocier un prêt encore plus risqué. » (…)

Les hôpitaux et les organismes HLM ont, eux aussi, souscrit de tels prêts, avec les mêmes conséquences. Le 27 mars, le tribunal de commerce de Toulouse condamnait la Caisse d’épargne et Ixis à verser une provision de 600 000 euros de dommages et intérêts au bailleur social Patrimoine SA Languedocienne, pour compenser les pertes subies, et pointait le manquement du banquier à son obligation de mise en garde vis-à-vis d’un prêt jugé spéculatif. Les banques ont fait appel. La fragilisation des finances des collectivités locales n’en est qu’à ses débuts : « Peu de collectivités font banqueroute mais les budgets locaux sont de plus en plus tendus », explique David Diano, directeur du secteur des finances publiques internationales chez Fitch.

Source:Debout la République


lundi 28 juillet 2008

Le fichage généralisé des acteurs publics autorisé et encouragé

Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 28 juillet 2008

Le décret du 1er juillet 2008 instituant un nouveau fichier dénommé Edwige organise de manière scandaleuse le fichage généralisé de toutes celles et de tous ceux qui entendent jouer un rôle dans la vie de la cité.

Le décret du 1er juillet 2008 instituant un nouveau fichier dénommé Edwige organise de manière scandaleuse le fichage généralisé de toutes celles et de tous ceux qui entendent jouer un rôle dans la vie de la cité.

Il est d’ailleurs révoltant de voir un alinéa de l’article 1 de ce décret évoquer les informations relatives « aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au gouvernement ou à ses représentants pour l’exercice de leurs responsabilités » et l’alinéa suivant aborder, je cite, « les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l’ordre public ».

Dans l’esprit de ce décret, il n’y a qu’un pas entre l’engagement politique ou syndical et le trouble à l’ordre public !

D’autant plus scandaleux est l’article 2, qui de manière très ambiguë aborde le contenu des informations du fichier. « Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l’article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée. Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l’article 1er que de manière exceptionnelle ».

En un mot, par dérogation tout est permis !

On comprend alors les réserves de la CNIL et les protestations diverses.

Par glissements successifs notre pays est en train de perdre tous ces réflexes démocratiques.

Source: NDA

vendredi 25 juillet 2008

La force de l’idée française

Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 25 juillet 2008

Je viens de retrouver par hasard dans mes papiers ce texte remarquable extrait du discours pour la France de Philippe Séguin, prononcé à l’occasion du débat référendaire sur le Traité de Maastricht en 1992.

Tout y est. La force de l’idée française, sa cohérence, sa dynamique. On comprend aussi pourquoi elle gène tant. On enrage de l’inconscience de nos élites qui s’acharnent à détricoter cet idéal républicain.

Le coup, sinon fatal du moins important, est donné en ce moment par Nicolas Sarkozy. Raison essentielle pour ne céder en rien et toujours défendre cette certaine idée de la France si chère à nous tous.

« J'ai parlé de république, de valeurs républicaines. Il faut à ce sujet bien nous entendre. En France, la République n'est pas seulement un régime institutionnel. Et s'il fallait lui trouver une date de naissance, je la situerais à Valmy, le 20 septembre 1792, avec le «peuple en armes», plutôt qu'à la Convention, le lendemain, quand les députés décidèrent d'abolir la monarchie. Car la République, c'est avant tout ce système de valeurs collectives par lequel la France est ce qu'elle est aux yeux du monde. Il y a une République française comme il y eut une République romaine. Depuis l'origine, sa maxime est la même : la souveraineté du peuple, l'appel de la liberté, l'espérance de la justice. Elle est inséparable de la dignité de la personne humaine et de son émancipation, de l'Etat de droit, de l'équité et de l'égalité des chances. Elle est inséparable de la solidarité nationale, de l'ambition collective nationale, de l'esprit national, de l'indépendance nationale, Elle est inséparable de l'Etat qui, en son nom, doit arbitrer, rendre la justice, attaquer inlassablement les privilèges, combattre les féodalités, accorder la primauté aux mérites et à la vertu. C'est dire que forgée dans le même moule, la République n'est pas séparable de la nation. Et tout cela, bien sûr, ne date pas d'hier! »

Source : NDA

lundi 21 juillet 2008

Congrès de Versailles : la tambouille de la IVème République

Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 21 juillet 2008

A une voix seulement, le congrès de Versailles vient de donner le deuxième coup de grâce (après celui du quinquennat) à notre Vème République.

Certes, il ne s’agit pas de la réforme du siècle. Pour autant, on détricote un peu plus l’œuvre du Général De Gaulle et de Michel Debré, qui avait apporté cinquante ans de stabilité institutionnelle.

Comme pour le quinquennat, il s’agit a priori d’une modernité. Mais en vérité, cette réforme déséquilibre les institutions, efface un peu plus le Premier Ministre, supprime l’obligation de référendum pour l’adhésion de nouveaux Etats dans l’Union Européenne, renforce la présidentialisation du Régime.

On y parle des droits du Parlement. Tout cela est bien factice quand on sait qu’un seul parti a la majorité absolue des sièges de l’Assemblée Nationale, et qu’il est directement piloté depuis l’Elysée. En vérité, le Général De Gaulle avait voulu lutter contre le Régime des partis et son lointain successeur, lui, reconstruit le régime du Parti.

La manœuvre est surtout politicienne. Il s’agit de faire croire aux Français que le Parlement est revalorisé et que Nicolas Sarkozy est un grand démocrate. Si vraiment le Président de la République avait voulu démocratiser la Vème République, il avait l’embarras du choix : instiller une dose de proportionnelle pour rétablir le multi-partisme, lutter contre le cumul des mandats, mieux contrôler les directives de Bruxelles, et surtout faire usage du référendum.

Mais le président essaie davantage les manœuvres d’appareil, les petits chantages sur Députés et Sénateurs un peu lâches, les récompenses pour les radicaux toujours prêts de l’assiette au beurre, les petites combines pour que Bernard Tapie retrouve sa fortune, les protections pour que Jacques Lang continue de briller…

Cette après-midi à Versailles, il régnait un étrange parfum de IVème République.

Pendant ce temps, les problèmes de la France ne sont pas vraiment traités, on reste dans l’apparence, les effets de show biz, les pressions sur les médias.

Tout cela ne peut pas durer, les Français ne méritent pas cela.

Honneur aux quelques députés de la majorité, vrais gaullistes, qui n’ont pas cédé. Ce sont eux qui reconstruiront la France quand la tornade sarkozienne sera passée.

Source: NDA

vendredi 18 juillet 2008

Pourquoi ne pas interdire le voile dans les lieux publics ?

Par Roman Bernard, journaliste, pour qui la décision du Conseil d'État de ne pas accorder la nationalité française à une Marocaine, au motif qu'elle portait une burqa, réaffirme les valeurs laïques et républicaines.

C'est une décision inédite et surprenante, mais qui, comme l'indiquait Le Monde, devrait faire date : saisi en appel, le très napoléonien Conseil d'État, dans un arrêt rendu le 27 juin, a confirmé le refus de la nationalité française à une Marocaine de 32 ans, mariée à un Français et mère de trois enfants nés en France, au motif qu'elle «a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment le principe d'égalité des sexes». La plus haute juridiction administrative a justifié cette décision par le port de la burqa lors de rencontres avec la police et les services sociaux. Preuve que ce voile intégral traduit moins l'expression d'une pratique religieuse qu'une revendication d'ordre socio-politique, la plaignante a déclaré ne pas porter le voile au Maroc, mais l'avoir fait sur ordre de son mari, salafiste, lors de son arrivée en France en 2000. Cela n'est guère surprenant. Lors d'un voyage dans le Royaume chérifien, en 2004, j'ai vu bien moins de voiles islamiques que dans certains quartiers français majoritairement musulmans. Et il serait fantaisiste de prétendre que cela s'explique par une moins grande piété des Marocains que des Français de religion musulmane.
Primauté des idéaux républicains

Si l'on est républicain et un tant soit peu jacobin, on ne peut que se réjouir de cette décision qui réaffirme non seulement la séparation de la sphère privée et de l'espace public (on ne se présente pas voilée lorsqu'on a affaire à des agents de l'État), principe fondateur de la laïcité, mais distingue ce qui relève du rite religieux et du prosélytisme politique. Le Conseil d'État, de surcroît, rappelle la primauté des idéaux républicains, notamment l'égalité entre hommes et femmes, sur les valeurs d'inspiration religieuse, surtout lorsque celles-ci conduisent à la sujétion de la femme. Mais la portée de cette décision est peut-être encore plus grande.
En confirmant le décret de 2005 qui faisait état d'un «défaut d'assimilation» de la demandeuse, le Conseil d'État réitère ainsi le principe assimilationniste à la base du modèle d'intégration français. Incompatible avec les valeurs fondamentales de la société française, le port d'un signe excessivement distinctif - le défi sera donc, lorsque des cas similaires se présenteront à l'avenir, de déterminer une frontière entre l'acceptable et l'inacceptable - interdit logiquement l'accès à la nationalité. Cette décision est ainsi à même de rassurer ceux - dont je suis - qui s'inquiètent de l'abandon du modèle français d'intégration traditionnel au profit d'un nouveau modèle, s'inspirant du multiculturalisme britannique, du communautarisme américain ou du «pilarisme» néerlandais. Ces modèles, qui prévoient des accommodements dérogatoires au droit commun pour les minorités ethnico-religieuses, sont incompatibles avec l'universalisme français qui, s'il a parfois le tort de ne pas toujours tenir compte des complexités de la société française, a le grand mérite de traiter de manière véritablement égalitaire les citoyens français. Et, sur le long terme, de vraiment travailler à l'intégration des minorités, en les forçant à se défausser de tout ce qui pourrait être susceptible de les en empêcher. Comme la loi sur les signes religieux à l'école massivement votée par le Parlement en 2004, elle repose, certes, sur une contrainte de départ : obliger un individu à renoncer à une pratique qu'il croit essentielle à son identité. Mais la liberté, et, osons-le, l'affranchissement qu'une interdiction du voile permet sont de mise à favoriser l'épanouissement de cet individu bien plus que l'accession à une revendication identitaire, très souvent formulée par des hommes soucieux de conserver leur mainmise sur les membres de leur communauté, en premier lieu sur les femmes.
Pourquoi, dans cet esprit, ne pas interdire purement et simplement le voile dans les lieux publics, ce que Kemal avait hésité à faire en Turquie, et que Reza Shah avait osé faire en Iran ? Les bénéfices seraient plus grands que les risques potentiels.

Retrouvez Roman Bernard sur son blog, intitulé "Criticus".

Source: Marianne 2

Réflexions sur la Liberté


Article de David Desgouilles publié le 18 juillet 2008

Je suis inquiet. Nos libertés sont en train de reculer et on apprend qu'elles vont encore régresser de manière importante. Je m'explique.

La Loi HADOPI -qui prétend combattre le téléchargement prétendûment illégal alors qu'elle interdit l'échange libre et consenti entre citoyens- va bientôt être mise en oeuvre. Elle autorise le viol de la correspondance. La correspondance privée est protégée depuis quelques siècles. Elle fut même une des premières conquêtes de Liberté. Je ne sais pas si les Français s'en aperçoivent mais il s'agit ni plus ni moins la même chose que si on ouvrait leurs lettres pour vérifier que les poèmes qu'ils s'enverraient ne sont pas protégés par un droit d'auteur quelconque. De plus, ces basses oeuvres ne seront pas commises par la police de la Nation mais par des officines privées. Des milices du Net vont donc ouvrir notre courrier électronique avec l'appui de la Loi. Trois cents ans de recul pour la liberté individuelle !

La création du fichier EDVIGE constitue une autre menace. Y figureront toutes les personnes susceptibles de "menacer l'ordre public". Y figureront aussi tous les renseignements sur l'activité militante, et même sur la vie intime des personnes (orientation sexuelle par exemple). Pourront y figurer des enfants dont le comportement pourrait laisser supposer des actes de délinquance à venir (c'est à dire, par définition, pas encore commis). Qui ne voit pas ici une tentative même pas voilée de mettre en fiches toute pensée "incorrecte". Comment ne pas voir une coïncidence troublante avec l'arrestation de quatre militants gaullistes, place de l'Etoile, avec des cambriolages douteux, des filatures suspectes de dirigeants de l'opposition ?

Dans le même temps, on entend le Premier Ministre annoncer avec aplomb que l'on va rattraper le retard sur le Royaume-Uni en matière de vidéosurveillance. On va donc surveiller non seulement votre courrier électronique mais aussi tenter d'espionner vos moindres faits et gestes. En quoi le fait que Big Brother n'ait pas atteint la puissance d'outre-manche constitue t-elle un retard ?

Il restait encore un bel espace de liberté, c'était Internet et la blogosphère. On nous annonce une reprise en main dès cet automne. La presse gratuite et les blogs seraient une concurrence déloyale à la presse historique. Elles feraient le jeu de la rumeur et de la désinformation. Comme si ces dernières n'étaient pas déjà alimentées par la Presse classique ! Outreau, c'était Internet ? Et on prend prétexte de la crise des médias classiques pour surveiller tout ce qu'on contrôle pas parce que ce n'est pas "achetable" par les amis Bolloré, Lagardère et Dassault ? Ou qu'on ne peut pas nommer comme à France Télévisions ?

Tout cela est très grave. J'ai l'habitude de centrer mes billets sur les dangers de l'intégration européenne. Cette fois-ci, le danger est chez nous. Et il faut se défendre. Vite. Avant qu'il ne soit trop tard, car ligotés.

Qui aura le courage de dire Non à Sarkozy ?

Article de Alain Kerhervé publié le 14 juillet 2008

La Ve République va mal. Parmi nos « élites », certains considèrent, pour se dédouaner, que notre Constitution est trop ancienne. Un demi-siècle ! Et pourtant, en comparaison avec les autres nations démocratiques, elle est encore bien jeune. En réalité, c’est l’exercice du pouvoir par ceux qui le détiennent, ou qui aspirent à le détenir, qu’il convient de condamner. Gaullisme.fr n’a cessé, ces derniers mois, de dénoncer cette supercherie et cette dérive.

Le Liban…

La visite du Président Sarkozy au Liban le 7 juin dernier en compagnie des responsables des partis politiques montre bien que l’Exécutif n’est plus indépendant des structures politiques partisanes. Comme le précise sur RTL l’incurable journaliste anti-gaulliste Alain Duhamel, pour Sarkozy « c’est une façon de montrer que le leader de l’UMP, c’est lui, que l’UMP est unie derrière lui, et qu’il ne se cache pas d’être à la fois le Président de la République, donc de tous les Français, et le vrai chef de file de l’UMP qu’il reçoit régulièrement et donc qu’il emmène avec lui ». Les autres, Bayrou (Modem), Buffet (PC), Baylet (PRG), Hollande (PS), Duflot (verts) n’ont servi uniquement que de faire-valoir.

Imaginons de Gaulle en visite à l’étranger venu expliquer la politique étrangère de la France flanqué du secrétaire général de l’UNR, du premier secrétaire de la SFIO, du président des Républicains indépendants et du secrétaire du PC ! De Gaulle précisant ses relations avec les partis politiques :

Le président de la République ne saurait être confondu avec aucune fraction. Il doit être l’homme de la nation tout entière, exprimer et servir le seul intérêt national.
Les partis politiques, pas plus que leurs chefs, n’ont aucune légitimité à représenter la France, notamment à l’étranger. L’expression de la politique française appartient exclusivement au Chef de l’Etat et au gouvernement qu’il a nommé.

Le Conseil national de l’UMP…

En compagnie du président de la Commission européenne, José Manuel Baroso, et du président du parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le show du même Président Sarkozy plaidant devant le Conseil national de l’UMP pour une Europe unie derrière le traité de Lisbonne — traité qu’il entend imposer à tous malgré le Non irlandais, suivi de celui du Président polonais et du refus de la Tchéquie — rabaisse la fonction présidentielle au niveau de la préoccupation d’un simple chef de clan. Fini le rôle fédérateur du Président de la République de tous les Français !
La Constitution…

Et maintenant, la volonté clairement exprimée par le Chef de l’Etat de sacrifier la Ve république sur l’autel de la « politicaillerie institutionnelle ». Le projet de révision constitutionnelle est l’arme ultime du pouvoir actuel. Les députés et les sénateurs se préparent, une fois de plus, comme pour la ratification de traité européen de Lisbonne, à passer outre la voix du peuple. En catimini, ils s’apprêtent à rompre les équilibres de la constitution gaullienne afin de mieux asseoir le pouvoir des partis politiques. La réforme de notre constitution est en phase finale. Pour surmonter les différentes positions tranchées qui se manifestent au sein de l’UMP sur les futures adhésions à l’Union européenne, notamment celle de la Turquie, un compromis bancal vient d’être accepté, compromis mettant un terme à la pratique référendaire. Il prévoit une consultation de tous les Français obligatoire pour toute nouvelle adhésion sauf si, saisi par les deux chambres du Parlement, par l’intermédiaire d’une motion adoptée à la majorité des trois cinquièmes dans chaque assemblée, le président de la République choisit la voie de la ratification parlementaire. Le « régime exclusif des partis » de triste mémoire refait surface. Il est vain de prouver le contraire.

La trahison de François Fillon…


Lorsque Nicolas Sarkozy nomme François Fillon Premier ministre, certains pensent encore que la sensibilité gaulliste sera représentée au sein du gouvernement. Aujourd’hui, la déception est grande. François Fillon a épousé la querelle sarkosienne : l’Europe supranationale, le retour de la France au sein de toutes les institutions de l’OTAN, la négation de la souveraineté du peuple, la destruction de la Ve république, la condamnation du référendum comme outil démocratique. Aussi déclare-t-il au Conseil national de l’UMP, devant les représentants de l’Europe anti-nations : « Si l’Europe est mal comprise, c’est parce que l’Union n’a pas toujours su trouver les mots et les actes pour susciter une adhésion plus puissante que la somme des contestations. » Une trahison.

L’obligation de réserve de Debré…

Des voix résistantes se font entendre. Leurs auteurs sont cloués au pilori par l’arrière-garde de l’UMP. Pour ce qui me concerne, je ne peux que me réjouir de cette fronde. C’est le cas, depuis longtemps déjà, de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, unique parti gaulliste représenté au Parlement. C’est aussi celui de Jean-Louis Debré qui ose, sortant de sa réserve, dire « non » à la désintégration constitutionnelle. Il est des moments où la fonction ne justifie pas la lâcheté. C’est le moins que puisse faire un gaulliste fier de ses convictions.

Source: Revue républicaine

Faut-il modifier une nouvelle fois les règles de la Vème République ?

Dans une lettre adressée aux députés de la majorité Nicolas Dupont-Aignan expose les 3 raisons majeures pour lesquelles il s’oppose à cette énième reforme institutionnelleLe 16 juillet 2008.

Mes chers Collègues,

Le 21 juillet prochain nous serons appelés à nous prononcer, en Congrès à Versailles, sur le projet de modification de notre Constitution. Je sais que, sur cette question difficile, beaucoup d’entre vous hésitent.

D’un côté, vous êtes inquiets des conséquences de cette réforme sur le fonctionnement de nos institutions, mais de l’autre, vous ne souhaitez pas que votre refus soit interprété comme un rejet de l’action du Président de la République et de son Gouvernement.

Je me permets de vous écrire car je crois sincèrement que la question ne se pose pas en ces termes.

L’enjeu n’est pas d’être pour ou contre l’action de l’exécutif, mais de savoir s’il faut oui ou non modifier une nouvelle fois les règles de la Vème République. Cette question vous en conviendrez, dépasse de très loin les circonstances politiques du moment.

Pour ma part, je voterai contre cette réforme pour trois raisons :

La première, et sans doute la plus essentielle, est que chaque Président ne doit pas prendre l’habitude de modifier les institutions pour en imposer sa lecture. Notre Constitution est suffisamment souple pour permettre aux différents Présidents de la République de s’adapter aux circonstances ; c’est d’ailleurs pour cela qu’elle a pu durer et garantir la stabilité institutionnelle qui a tant manqué à notre pays dans son histoire. Faut-il pour autant que chaque Président grave dans le marbre sa pratique institutionnelle ? Ce serait une grave erreur !

Imaginons ce que deviendrait notre pays si, au gré des conjonctures politiques tous les Présidents voulaient modifier la Constitution pour imprimer leur marque ? Nous payons déjà suffisamment cher l’instauration du quinquennat, qui est principalement le fruit d’une manœuvre politicienne de Lionel JOSPIN et de Valery GISCARD d’ESTAING.

La Constitution ne peut pas devenir un simple enjeu de politique intérieure entre le Président et les Elus du peuple. C’est d’ailleurs pourquoi, il est choquant de voir nos institutions être aujourd’hui l’objet d’un marchandage entre les partis, qui nous rappelle les tristes heures de la IVème République.

Je m’oppose également à cette réforme institutionnelle car elle ferait sauter le verrou référendaire sur l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Le nouveau dispositif ouvre de fait la porte de l’adhésion de la Turquie par voie parlementaire. Si demain un exécutif souhaite contourner la voie référendaire, il lui faudra réunir les 3/5ème du Parlement ; ce ne sera pas si difficile car n’oublions pas que les Parlementaires de Gauche ont toujours été hostiles au référendum sur cette question.

Les Députés de la Majorité, qui ont clairement pris l’engagement devant leurs électeurs de refuser l’entrée de la Turquie, auront, pour leur part, beaucoup de difficultés à réunir les 2/5ème permettant d’imposer la voie parlementaire ; une fois de plus les électeurs auront été trompés.

Enfin, je m’oppose à cette modification constitutionnelle car elle ne renforce en rien notre démocratie contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. La Vème République voulue par le Général de Gaulle reposait sur deux piliers contrebalançant l’importance des pouvoirs conférés à l’exécutif : le référendum et l’élection du Président de la République au suffrage universel.

Si l’on veut vraiment renforcer la démocratie dans notre pays, il suffit de consulter davantage les français par référendum sur les sujets décisifs. Il faut cesser d’avoir peur du peuple. Il faut le respecter. Il faut s’appuyer sur lui pour réformer car dans les épreuves, seule la légitimité populaire permet de rassembler la Nation pour relever les défis.

A l’heure où nous célèbrerons, de manière d’ailleurs bien trop discrète (est-ce un hasard ?) le 50ème anniversaire de la Vème République, il serait paradoxal et choquant de voter une réforme dénaturant l’esprit de ses Pères fondateurs.

En espérant que vous prendrez ces arguments en considération au moment de voter, je vous prie de croire, Mes chers Collègues, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Source: Debout La République