
Qu'est-ce qu'être gaulliste en 2008 ? Pour la presse nationale parisienne qui est souvent, à part quelques publications, enfermées dans les causeries d'appareil, être gaulliste c'est forcément se trouver au sein de l'UMP, les mains sur les plis de pantalon, petit soldat qui va aller au combat pour son patron, le président de la République actuel Nicolas Sarkozy.
On le voit bien puisque cette presse parisienne ne fait pas encore la différence entre gaullisme et sarkozysme, qui lui est totalement à l'opposé. Effectivement il faut bien se demander comment le locataire de l'Elysée peut encore tranquillement se regarder dans la glace en affirmant " je suis un gaulliste " ? Depuis un an, on ne compte plus les atteintes plus ou moins sérieuses aux principes même de l'idée de la France que portait le Général.
La première, disons la plus visible, c'est l'attitude de Nicolas Sarkozy qui avec son style " bling bling " - utilisons ce terme puisqu'il est à la mode - a véritablement métamorphosé la fonction présidentielle. Alors que l'ensemble de ses prédécesseurs - même feu François Mitterrand qui avait une vie assez irrégulière mais qui était d'une discrétion parfaite... - ne se serait jamais permis de parader en compagnie des puissances financières et encore moins de mobiliser les photographes de presse au Parc Disney, le président Sarkozy a multiplié les bad attittude .
De cela, les Français s'en sont assez vite lassé puisque la dégringolade dans les sondages de Nicolas Sarkozy a été proportionnelle aux exagérations présidentielles, et il apparaît évident que la claque électorale que le parti majoritaire à reçue le mois dernier n'est pas étranger à tout ça. Sa vie privée c'est sa vie privée et ce n'est pas à moi de juger donc je ne parlerai pas de la love story de l'année, il me faut juste évoquer les «affaires » qui ont à voir avec la marche de la nation. Je ne vais pas énumérer tous les sujets ce serait beaucoup trop long et fastidieux, je vais tout de même essayer d'en faire une synthèse :
. Souvenez-vous que le soir même de son élection, le 6 mai 2007, c'est au Fouquet's, la brasserie huppée parisienne que Nicolas Sarkozy a décidé de fêter sa victoire en compagnie de ses amis artistes, de quelques uns de ses collaborateurs mais aussi de plusieurs représentants de la richesse entrepreneuriale. Déjà, cela commençait mal. Pour couronner le tout Nicolas Sarkozy qui avait annoncé vouloir prendre quelques jours de réflexion - certains avaient alors parlé d'une retraite dans un monastère - se retrouve voguant sur le yacht de luxe de son ami l'industriel Vincent Bolloré du côté de Malte où il jogge avec un superbe t-shirt floqué " NYPD " !.
. Peu après il envoie son épouse d'alors - Cécilia - en " mission " en Libye et quelques jours plus tard nous ramène à Paris les otages Bulgares du colonel Mouammar Khadafi. Si on ne peut que se réjouir de voir enfin libre ces sept personnes après des années passées en détention pour rien on ne peut que se demander quelles furent les fonctions de la " première dame de France " de juillet 2007. D'autant plus que quelques semaines après cette jolie escapade, le chef de l'Etat libyen venait en France, installant sa tente bédouine sur les pelouses de l'hôtel Marigny et ridiculisant la France. Était-ce une partie du prix à payer ?
. Depuis il y eu entre autres, le voyage aux Etats-Unis avec le discours devant le congrès à Washington, les appels lancées aux preneurs d'otage colombiens, les terroristes des FARC pour que ces derniers libèrent Ingrid Betancourt , le discours dit de Dakar qui a horrifié bon nombre d'Africains, la mise en cause possible de la laïcité puisque le 20 décembre c'est à Rome, cité du Vatican, que Nicolas Sarkozy reçoit le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran et qu'il parle de "laïcité positive" , l'affaire de «l'Arche de Zoé », ces humanitaires français qui se sont rendus au Tchad afin de ramener une centaine d'enfants pour les faire adopter avec le voyage éclair à N'Djamena sans parler des expéditions – en France cette fois – du Président auprès des pêcheurs bretons, des agents de la SNCF, des agriculteurs à Paris et de la véritable démagogie de celui-ci lorsqu'il est venu affirmer aux ouvriers d'Arcelor-Mittal à Gandrange qu'il assurrerait en personne de la pérénité de leur emploi... on en connaît la suite !
.Le plus dramatique pour la France restera sans aucun doute la ratification par les parlementaires réunis en Congrès à Versailles du Traité de Lisbonne qui est un simple copié-collé du projet constitutionnel européen – la «constitution Giscard» - rejeté largement par les Français le 29 mai 2005. C'est là que le gaullisme cependant revendiqué par Nicolas Sarkozy apparaît comme étant une véritable usurpation d'identité. Les citoyens Français qui avaient clairement dit non à cet abandon total de souveraineté au seul profit de Bruxelles se retrouvent donc avec sur le dos une constitution supranationale qu'ils ne voulaient pas. Bravo monsieur Sarkozy!
. Puis enfin, cerise sur un gâteau déjà bien dégoulinant, ne voici t-il pas que Nicolas Sarkozy nous annonce non seulement que dès 2009 la France va réintégrer le commandement militaire intégré de l'Alliance Atlantique véritable bras armé des Etats-Unis que le Général de Gaulle lui avait fait quitter en 1966, mais que pour bien montrer que désormais notre pays faisait bien partie du «concert des Nations », que la « lutte contre le terrorisme » était bien la priorité absolue pour nos élites, il avait décidé de renforcer par un contingent de 700 à 800 militaires les troupes françaises déjà présentes en Afghanistan.
Non, le gaullisme n'est plus représenté par Nicolas Sarkozy ni d'ailleurs par l'UMP, mais plus sûrement par un homme comme Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres ( Yveline ) et président de Debout La République qui a le mérite de faire passer ses convictions avant toutes autres considérations.
Stéphane G webmaster DLR 39
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