mercredi 30 avril 2008

Réponse amicale d'un gaulliste à un autre


A la suite d’un article qui m’était consacré sur le site de Marianne, un internaute a publié une longue réaction en forme d’adresse à laquelle j’ai souhaité répondre sur ce blog.

Cher Emmanuel,

C’est à la fois en tant que destinataire de votre message, Mariannaute à mes heures et gaulliste de chaque instant, que je souhaite vous faire cette amicale réponse.

Tout d’abord, merci de cette tribune libre sur le sens de l’engagement gaulliste en ce début de XXIème siècle : il est en effet important de questionner nos convictions, de les passer en permanence sur le grill de la réalité mouvante du monde, de se garder surtout de les claquemurer dans des armoires-fortes pleines de naphtaline.

Vous posez en somme la lancinante question de toutes celles et tous ceux que l’épopée du général continuent de séduire et qui s’interrogent sur la substantique moelle du gaullisme. C’est une question que je me pose également, vous vous en doutez. Une question à laquelle je ne prétends pas apporter de réponse définitive ni « officielle », mais pour laquelle je me suis forgé quelques convictions au fil du temps

Au risque de vous décevoir, bien que je partage nombre de vos constats, je vous dirai que je ne suis pas d’accord avec vous quant à la définition de ce que devrait être une « ligne européenne gaulliste ».

Tout d’abord, je voudrais lever un malentendu : j’ai en effet le sentiment que vous n’avez pas eu connaissance de mes propositions pour une autre Europe, développées dans plusieurs livres consacrés à cette question - notamment « Le coup d’état simplifié ». Ainsi, contrairement à ce que veulent faire croire certains, je ne suis pas contre l’Europe mais contre la manière dont on la construit actuellement. A force de vouloir uniformiser par la contrainte les pays d’Europe, on détourne les peuples de cette belle et nécessaire idée. Car bien sûr, dans le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux, l’Europe peut être un plus qu’il faut systématiquement favoriser lorsque c’est possible. Ainsi, dans beaucoup de domaines (industrie, défense, recherche, culture,…), une intense coopération européenne pourrait constituer un formidable levier pour accroître la force et le rayonnement de la France, comme des autres pays d’Europe.

Mais l’observation de la réalité des choses m’oblige à constater que la construction européenne, hélas souvent par la faute de nos propres gouvernants, ne prend pas ce chemin : l’Europe devrait nous rendre plus forts, elle a tendance à nous affaiblir en nous niant. En effet, la France a moins pêché ces 15 dernières années par son inflexibilité dans le grand marchandage des concessions européennes, que par la mauvaise habitude de ses élites - peut-être animées par un sentiment de culpabilité vis-à-vis de la sempiternelle accusation de « l’arrogance française » - de renoncer plus que les autres pays à la défense des intérêts nationaux. Tout cela au nom d’un « intérêt supérieur européen » tellement indéfini, tellement évanescent, que son invocation à tout bout de champ finit par ressembler à un slogan incantatoire vide de sens, à une sorte de spleen politique un brin masochiste.

Tout cela pour quels résultats ? La France est-elle plus forte et mieux écoutée parce qu’elle sacrifie davantage que les autres ses intérêts propres, parce qu’elle « montre l’exemple » en matière de concessions européennes ? Bien sûr que non ! Dernier exemple en date : en acceptant en bloc, sous le faux-nez d’un traité prétendument « simplifié », la Constitution européenne voulue par l’Allemagne d’Angela Merkel au nom de ses intérêts nationaux bien compris, Nicolas Sarkozy n’a strictement rien obtenu - par exemple - sur le terrain de la réforme de la Banque centrale européenne pour un euro au service de la croissance ou sur celui du libre échange déséquilibré avec les puissances émergentes. Pire, il a accepté la fin de la parité entre la France et l’Allemagne au Conseil européen, remettant en cause le socle de la réconciliation historique entre les deux pays et un facteur essentiel, qu’on le veuille ou non, de l’équilibre européen. Moralité : ce n’est pas en s’abaissant que l’on se fait respecter et entendre d’autrui ! Il faut admettre que ce propos de simple bon sens lorsqu’il s’applique aux relations entre individus, a parfois une part de vérité, toutes proportions gardées, dans le champ des relations internationales…

D’ailleurs, la digne résistance de notre pays à l’intervention américaine en Irak en 2003, parfaitement comprise par nos concitoyens et de nombreux pays, n’a pu avoir lieu qu’au prix d’une division de l’Europe - ce que beaucoup nous reprochent encore aujourd’hui. Mais comment ignorer que le discours de l’unité nécessaire, de cette « union faisant la force », était alors au service d’une guerre d’agression injuste et absurde ? Ainsi, refuser l’otanisation de la défense française et européenne n’est pas pour moi un « repli frileux » sur une exception nationale éculée, ce n’est pas une lubie gaulliste.

La conclusion que je souhaite tirer de cet échange est double : d’une part, c’est en défendant ses intérêts et non en les bradant que la France fera in fine avancer sa propre vision de l’Europe, indépendante, humaniste et écologique. D’autre part, il est certes souhaitable de rechercher des coopérations européennes, mais pas au prix de notre abaissement - ce que nous sommes précisément censés vouloir prévenir grâce à l’Europe ! Vous le savez autant que moi, il est des crises salutaires. D’ailleurs, la principale politique communautaire qui a fait ces preuves ces dernières décennies, la PAC, a vu le jour grâce à l’intransigeance du général de Gaulle et à sa politique de la chaise vide.

Au fond de tout, je souhaiterais inviter dans notre conversation un tiers gaulliste qui, s’exprimant précisément à propos de l’Allemagne, avait déclaré : « Une fois de plus, il nous faut considérer le monde tel qu’il est et non tel qu’on voudrait qu’il soit. » Il s’agit de Philippe Séguin, lors de son Discours pour la France de mai 1992. Le gaullisme, n’est-ce pas cela en effet : l’acceptation de la réalité comme elle est, afin de tenter de l’infléchir ? Alors oui, nous avons besoin de l’Europe comme d’un multiplicateur de puissance, mais pas de n’importe quelle Europe…

Source: Nicolas Dupont-Aignan

De bien drôles d’opposants à l’adhésion turque !


Le document reproduit ci-dessous est la version longue d’une tribune qui fut publiée en février 2005 dans les colonnes du Figaro. Le propos souligne que la Constitution européenne (devenue traité de Lisbonne en 2007) favorise l’entrée de la Turquie en Europe, en faisant sauter le verrou institutionnel du traité de Nice. Les dirigeants de la droite et du centre en France, se disant hostiles à l’adhésion turque, ont toujours récusé ce lien : ils ont prétendu ainsi pouvoir faire en même temps campagne pour la Constitution européenne et contre l’entrée de la Turquie. Les médias en France se sont montrés très discrets sur cette question, effectivement explosive. Mais le dernier mot sur cette controverse est revenu à Angela Merkel, alors titulaire de la présidence tournante de l’UE : en février 2007 à la tribune du Parlement européen, la chancelière allemande a avoué sans complexe que la Constitution européenne / traité de Lisbonne était indispensable à l’élargissement de l’Europe à la Turquie pour des raisons institutionnelles. Ce que nous n’avions nous-mêmes cessé d’affirmer depuis plusieurs années, dans l’indifférence médiatique et malgré les démentis méprisants des partis dominants…

Turquie et constitution européenne sont liées, évidemment !

Le traité constitutionnel n’aurait rien à voir avec l’adhésion programmée de la Turquie à l’Union européenne. C’est en tout cas ce que martèlent ses partisans, à tel point qu’on en vient à se demander s’ils ne cherchent pas d’abord à s’en convaincre eux-mêmes. A les en croire, il n’y aurait qu’un malencontreux télescopage de calendrier.

Mais comme le pressentent à juste titre de plus en plus de Français, le lien entre les deux questions est en réalité fondamental.

Pour la raison simple, tout d’abord, que la constitution européenne n’est rien d’autre que le contrat de mariage qui propose de lier entre elles les nations d’Europe. Or, comment prétendre inviter nos concitoyens à parapher ce contrat de mariage en leur enjoignant de ne surtout pas se demander avec qui ils le signent ? C’est un peu se moquer du monde car chacun sait que quand on se marie, on se soucie bien plus du conjoint que du Code civil ! Or le conjoint est aussi turc.

« Mais cette adhésion n’est pas certaine ! », nous répondra-t-on. Au contraire, deuxième secret de polichinelle, il est bien évident qu’il ne sera pas possible de dire non après une décennie de négociation avec Ankara : la crise qui s’ouvrirait alors avec la Turquie serait trop grave pour que quiconque en prenne le risque. Comme le dit joliment Robert Badinter, on ne dit pas non devant Monsieur le Maire après 10 ans de fiançailles. Ajoutons qu’on nous dira dans 10 ans qu’il serait suicidaire pour la France de bloquer solitairement l’adhésion turque dans le cadre de la constitution, cette dernière faisant dépendre la plupart de nos lois du bon vouloir de la majorité (qualifiée) de nos partenaires. C’est donc seulement en juin prochain, en refusant de signer la constitution, que les Français auront la dernière chance d’empêcher le mariage forcé avec la Turquie. Après, il sera définitivement trop tard.

« Mais vous allez sacrifier le traité constitutionnel pour une question qui n’a rien à voir avec lui ! ». Serait-ce vraiment le cas ? A lire la constitution, on a au contraire le sentiment que celle-ci est non seulement l’instrument de l’adhésion turque mais encore, plus fondamentalement, son complice.

Tout d’abord, omettant délibérément de définir les frontières de l’Europe, la constitution ouvre la voie à l’intégration turque là où le traité de Nice l’empêchait. En effet, ce dernier attribue nominativement aux 27 pays membres (les 25 actuels plus la Roumanie et la Bulgarie) le nombre de sièges au Parlement européen et de voix au Conseil. La Turquie ne figure pas dans cette liste. A l’inverse, la constitution fait sauter ce verrou en inscrivant seulement le principe de la représentation des pays membres au poids démographique, laissant la porte ouverte à n’importe quelle adhésion future. Ainsi, refuser la constitution, c’est en rester à un traité de Nice qui paralyse institutionnellement et politiquement cette intégration, la possibilité de parvenir dans ce système à un accord taillé sur mesures pour l’entrée de la Turquie étant très problématique à de nombreux égards. Ce serait donc le meilleur moyen pour les peuples d’exercer une pression vigilante sur leurs dirigeants, afin qu’ils négocient un nouveau traité, délimitant vraiment celui-là les frontières de l’Europe.

Plus grave, l’adhésion de la Turquie, qui est en soi nocive pour l’Europe, deviendrait franchement dangereuse avec le traité constitutionnel : premièrement, ce pays, bien que le moins européen de l’Union, en deviendrait le plus puissant parce que le plus peuplé (100 millions d’habitants à l’horizon 2025). En effet, la constitution établit le poids politique relatif des pays membres dans l’Union au prorata de leur population. Ensuite, l’influence prépondérante de la Turquie se ferait sentir dans les 25 nouveaux domaines de compétences (dont l’immigration) auxquels le traité constitutionnel étend la majorité qualifiée : la France prendrait ainsi le risque de se voir infliger des lois européennes fortement inspirées par la Turquie. Notons enfin que la constitution renforce dangereusement les droits des minorités ethniques et religieuses (les Cours de justice européennes en étant les garantes face aux Etats), ce qui encouragerait davantage les revendications communautaristes des immigrés turcs d’Europe au détriment de la cohésion sociale et nationale des pays d’accueil.

Ainsi, non seulement le traité constitutionnel permet l’intégration turque mais de surcroît il en aggrave l’impact. Il n’y a là aucun hasard, puisque… la Turquie a participé à l’élaboration du projet de constitution et l’a signée en octobre dernier à Rome, comme si elle était déjà membre à part entière de l’UE ! Plus généralement, la complicité de la constitution avec l’adhésion turque n’est pas fortuite dans la mesure où l’Europe qu’organise le traité constitutionnel est exactement la même, mais dans une version aggravée, que celle qui a d’ores et déjà conduit à l’ouverture des fatales négociations d’adhésion : ce sont en effet les mêmes hommes, la même logique institutionnelle et donc la même vision de l’Europe qui ont conduit, d’un côté, à la signature de la constitution européenne fin octobre et, de l’autre, à l’accord de Bruxelles du 17 décembre, un mois et demi plus tard. Les Français ne doivent donc avoir aucun état d’âme à dire non en mai 2005.

En somme, le oui condamne l’Europe là où le non lui offre sa dernière chance de sursaut.

Dire non en mai 2005, ce serait épargner à l’Europe une fatale dislocation : la Turquie n’a pas vocation à entrer dans l’Union, moins parce qu’elle est musulmane que parce qu’elle n’est pas européenne. Sa taille, sa situation géographique, sa culture, son économie, sa démographie, son insertion géopolitique dans l’Asie centrale turcophone, sa contiguïté avec le Moyen-Orient arabo-musulman, sa laïcité bottée et ambiguë, son nationalisme incapable de reconnaître le génocide arménien, en font un pays non-européen dont l’adhésion mettrait en péril non seulement la pérennité de l’UE mais aussi, en tout état de cause, sa propre cohésion.

Dire non, ce serait ensuite contraindre les dirigeants européens à négocier un nouveau traité qui délimiterait une fois pour toutes la construction européenne au continent européen.

Dire non en mai 2005, ce serait plus généralement récuser un système antidémocratique qui cherche à imposer ses orientations par la politique du fait accompli, la dilution des responsabilités et le détournement de la souveraineté populaire au travers de mécanismes de contrôle démocratique fallacieux (droit de pétition, renforcement factice du contrôle parlementaire sur la Commission).

Dire non, ce serait en définitive refuser la perspective d’une Europe très affaiblie à l’intérieur, ouverte à tous les vents de la mondialisation (article 314 CE) et réintégrée dans le giron de l’OTAN (article 41 CE). Bref, ce serait refuser l’Europe-impuissance sur laquelle misent les Etats-Unis en favorisant l’adhésion de la Turquie, leur deuxième cheval de Troie après la Grande-Bretagne, et qu’anticipe le Parlement européen en préconisant la communautarisation du siège de la France au Conseil de sécurité des Nations Unies (rapport Laschet).

Dire non, en fin de compte, ce serait ouvrir la voie à une nouvelle organisation de l’Europe, qui délimiterait ses frontières, démocratiserait ses institutions en instaurant une confédération d’Etats respectueuse de la souveraineté démocratique des peuples et qui organiserait les coopérations scientifiques et industrielles à géométrie variable (type Airbus) seules capables de rendre au continent toute sa place et son rayonnement sur la scène mondiale.

Le choix historique qu’offre le référendum ne consiste pas à approuver ou à rejeter l’Europe, mais à dire laquelle nous voulons : l’Europe condamnée d’avance de la Turquie et de la constitution ou l’espoir d’une Europe réellement européenne au service des peuples.

(Février 2005) Nicolas DUPONT-AIGNAN Député UMP de l’Essonne Président de Debout la République

Source: Debout La République

lundi 28 avril 2008

UE : référendum pour l’adhésion de pays de plus 10 millions d’habitants


PARIS, 28 avr 2008 (AFP) - Le député Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit), président de Debout la République, a annoncé lundi qu’il allait déposer un amendement pour « maintenir l’obligation référendaire » pour les pays de plus de 10 millions d’habitants candidats à l’adhésion à l’Union européenne.

Le président Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi dernier à la télévision « sa volonté de supprimer le référendum obligatoire pour les adhésions futures à l’Union européenne, tout en se disant partisan d’une consultation référendaire sur la Turquie », rappelle le député, dans un communiqué.

Selon lui, les Français, « très majoritairement opposés à la perspective de l’adhésion turque, ne pourront que ressentir de l’inquiétude face à ces déclarations qui ne garantissent en rien l’organisation effective d’un référendum le moment venu ».

Il explique donc avoir « décidé de déposer un amendement au projet de loi de révision institutionnelle, maintenant l’obligation référendaire pour les pays candidats de plus de 10 millions d’habitants ».

« Ce seuil démographique, bien plus rigoureux que toute référence à une Europe géographique aux contours incertains, empêchera l’entrée sans vote populaire de pays dont la population ou la localisation géographique bouleverseraient la nature et l’équilibre des pouvoirs de l’Union européenne », avance-t-il.

M. Dupont-Aignan fait cette proposition dans un courrier adressé lundi aux parlementaires, à laquelle il joint une proposition d’amendement qu’il défendra « prochainement » en commission des Lois.

Source: Debout La République

samedi 26 avril 2008

Après le pouvoir d'achat en berne, le retour de la Constitution Giscard et l'Afghanistan, Nicolas Sarkozy rompt ses promesses sur la Turquie !

Après le pouvoir d’achat en berne, le retour de la Constitution Giscard et l’Afghanistan, Nicolas Sarkozy rompt ses promesses sur la Turquie !

J’apprends avec stupéfaction que le projet de réforme de nos institutions présenté hier matin au conseil des ministres prévoit bel et bien la suppression du référendum obligatoire pour toute nouvelle adhésion à l’Union européenne.

Le principal verrou à l’entrée de la Turquie serait ainsi supprimé. Nicolas Sarkozy qui a passé sa campagne présidentielle à pourfendre l’adhésion turque, demande maintenant aux parlementaires de lui ouvrir un véritable boulevard. Comme pour la défense du pouvoir d’achat, le grand discours sur les frontières de l’Europe n’était donc qu’une posture, un leurre.

Ce cynisme participe d’un véritable mépris du peuple. Après avoir passé outre la volonté populaire exprimée le 29 mai 2005 en faisant ratifier le traité de Lisbonne (copie conforme de la Constitution Giscard) par le Congrès, le Président empêche les Français de donner leur avis sur le visage futur de l’Europe.

Le discours officiel ne tient pas la route une seconde. Nicolas Sarkozy étant hostile à l’entrée de la Turquie, nous n’aurions plus besoin de référendum. De qui se moque-t-on ? Quand on se souvient qu’une fois élu, le Président n’a pas voulu mettre le veto sur l’ouverture de trois chapitres supplémentaires de négociations d’adhésion, on en est en droit et même en devoir de douter de la sincérité de ses assurances ! Et ce n’est pas un nouveau talk-show qui, comme par un coup de baguette magique, arrangera les choses…

Non, ce que les Parlementaires, attachés à une idée responsable de l’Europe comme au respect du peuple, doivent obtenir du Président, c’est au minimum une solution de juste milieu : ce pourrait être le maintien de l’obligation référendaire dès lors qu’il s’agit de ratifier l’adhésion d’un pays candidat de plus de 10 millions d’habitants. Ainsi, l’obstacle serait levé pour l’adhésion de pays comme la Croatie, qui pose à l’évidence moins de difficultés.

Car l’enjeu, rappelons-le, est majeur : loin de se résumer à une histoire de sympathie ou d’antipathie envers la Turquie et le monde musulman, la question de cette adhésion pèsera très lourd dans l’avenir d’une construction européenne déjà fortement menacée par ses propres échecs économiques et son inquiétante dérive antidémocratique. Comment les Députés et Sénateurs de l’UMP réagiront-ils ? Après la déroute des municipales avaleront-ils une fois de plus leur chapeau ?

Jusqu’où irons-nous ? Pour ma part, comme pour le traité de Lisbonne, comme pour le retour programmé dans l’OTAN, je ne dévierai pas d’un pouce. Je refuse la politique du pire consistant à intégrer la Turquie à l’Europe, au risque de conduire à son explosion. Nous avons besoin d’une Europe remise à l’endroit, ce qui n’exclut pas bien sûr des partenariats forts avec les pays voisins : Russie, Turquie, Maghreb,….

L’essentiel est en jeu. Plus que jamais il faut exhorter les Français à ouvrir les yeux et préparer dès maintenant l’après-Sarkozy !

Source: Nicolas Dupont-Aignan

Etre gaulliste en 2008


    Qu'est-ce qu'être gaulliste en 2008 ? Pour la presse nationale parisienne qui est souvent, à part quelques publications, enfermées dans les causeries d'appareil, être gaulliste c'est forcément se trouver au sein de l'UMP, les mains sur les plis de pantalon, petit soldat qui va aller au combat pour son patron, le président de la République actuel Nicolas Sarkozy.

    On le voit bien puisque cette presse parisienne ne fait pas encore la différence entre gaullisme et sarkozysme, qui lui est totalement à l'opposé. Effectivement il faut bien se demander comment le locataire de l'Elysée peut encore tranquillement se regarder dans la glace en affirmant " je suis un gaulliste " ? Depuis un an, on ne compte plus les atteintes plus ou moins sérieuses aux principes même de l'idée de la France que portait le Général.

    La première, disons la plus visible, c'est l'attitude de Nicolas Sarkozy qui avec son style " bling bling " - utilisons ce terme puisqu'il est à la mode - a véritablement métamorphosé la fonction présidentielle. Alors que l'ensemble de ses prédécesseurs - même feu François Mitterrand qui avait une vie assez irrégulière mais qui était d'une discrétion parfaite... - ne se serait jamais permis de parader en compagnie des puissances financières et encore moins de mobiliser les photographes de presse au Parc Disney, le président Sarkozy a multiplié les bad attittude .

    De cela, les Français s'en sont assez vite lassé puisque la dégringolade dans les sondages de Nicolas Sarkozy a été proportionnelle aux exagérations présidentielles, et il apparaît évident que la claque électorale que le parti majoritaire à reçue le mois dernier n'est pas étranger à tout ça. Sa vie privée c'est sa vie privée et ce n'est pas à moi de juger donc je ne parlerai pas de la love story de l'année, il me faut juste évoquer les «affaires » qui ont à voir avec la marche de la nation. Je ne vais pas énumérer tous les sujets ce serait beaucoup trop long et fastidieux, je vais tout de même essayer d'en faire une synthèse :

    . Souvenez-vous que le soir même de son élection, le 6 mai 2007, c'est au Fouquet's, la brasserie huppée parisienne que Nicolas Sarkozy a décidé de fêter sa victoire en compagnie de ses amis artistes, de quelques uns de ses collaborateurs mais aussi de plusieurs représentants de la richesse entrepreneuriale. Déjà, cela commençait mal. Pour couronner le tout Nicolas Sarkozy qui avait annoncé vouloir prendre quelques jours de réflexion - certains avaient alors parlé d'une retraite dans un monastère - se retrouve voguant sur le yacht de luxe de son ami l'industriel Vincent Bolloré du côté de Malte où il jogge avec un superbe t-shirt floqué " NYPD " !.

    . Peu après il envoie son épouse d'alors - Cécilia - en " mission " en Libye et quelques jours plus tard nous ramène à Paris les otages Bulgares du colonel Mouammar Khadafi. Si on ne peut que se réjouir de voir enfin libre ces sept personnes après des années passées en détention pour rien on ne peut que se demander quelles furent les fonctions de la " première dame de France " de juillet 2007. D'autant plus que quelques semaines après cette jolie escapade, le chef de l'Etat libyen venait en France, installant sa tente bédouine sur les pelouses de l'hôtel Marigny et ridiculisant la France. Était-ce une partie du prix à payer ?

    . Depuis il y eu entre autres, le voyage aux Etats-Unis avec le discours devant le congrès à Washington, les appels lancées aux preneurs d'otage colombiens, les terroristes des FARC pour que ces derniers libèrent Ingrid Betancourt , le discours dit de Dakar qui a horrifié bon nombre d'Africains, la mise en cause possible de la laïcité puisque le 20 décembre c'est à Rome, cité du Vatican, que Nicolas Sarkozy reçoit le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran et qu'il parle de "laïcité positive" , l'affaire de «l'Arche de Zoé », ces humanitaires français qui se sont rendus au Tchad afin de ramener une centaine d'enfants pour les faire adopter avec le voyage éclair à N'Djamena sans parler des expéditions – en France cette fois – du Président auprès des pêcheurs bretons, des agents de la SNCF, des agriculteurs à Paris et de la véritable démagogie de celui-ci lorsqu'il est venu affirmer aux ouvriers d'Arcelor-Mittal à Gandrange qu'il assurrerait en personne de la pérénité de leur emploi... on en connaît la suite !

    .Le plus dramatique pour la France restera sans aucun doute la ratification par les parlementaires réunis en Congrès à Versailles du Traité de Lisbonne qui est un simple copié-collé du projet constitutionnel européen – la «constitution Giscard» - rejeté largement par les Français le 29 mai 2005. C'est là que le gaullisme cependant revendiqué par Nicolas Sarkozy apparaît comme étant une véritable usurpation d'identité. Les citoyens Français qui avaient clairement dit non à cet abandon total de souveraineté au seul profit de Bruxelles se retrouvent donc avec sur le dos une constitution supranationale qu'ils ne voulaient pas. Bravo monsieur Sarkozy!

    . Puis enfin, cerise sur un gâteau déjà bien dégoulinant, ne voici t-il pas que Nicolas Sarkozy nous annonce non seulement que dès 2009 la France va réintégrer le commandement militaire intégré de l'Alliance Atlantique véritable bras armé des Etats-Unis que le Général de Gaulle lui avait fait quitter en 1966, mais que pour bien montrer que désormais notre pays faisait bien partie du «concert des Nations », que la « lutte contre le terrorisme » était bien la priorité absolue pour nos élites, il avait décidé de renforcer par un contingent de 700 à 800 militaires les troupes françaises déjà présentes en Afghanistan.

    Non, le gaullisme n'est plus représenté par Nicolas Sarkozy ni d'ailleurs par l'UMP, mais plus sûrement par un homme comme Nicolas Dupont-Aignan, député-maire de Yerres ( Yveline ) et président de Debout La République qui a le mérite de faire passer ses convictions avant toutes autres considérations.

    Stéphane G webmaster DLR 39




vendredi 25 avril 2008

Nicolas Dupont-Aignan : le dernier des opposants ?

Gaulliste indépendant, Nicolas Dupont-Aignan joue le réseau local contre une élite coupée des électeurs qui ont dit « Non » au référendum. Acharné, cet « opposant professionnel » est le poil à gratter d'une droite en train de se réveiller.

« Vous allez peut-être me trouver frapadingue mais le peuple est avec nous ! »
Malgré son sourire de petit garçon assorti à sa coupe de gendre idéal, il ne faut pas s'y tromper : Nicolas Dupont-Aignan est très sérieux. L'année 2007 a pourtant été difficile pour « NDA » : privé de présidentielle faute de parrainages suffisants, seul député de son parti, Debout la République (DLR) élu aux dernières législatives, privé de financement par l'UMP... Il aurait plus d'une raison de déprimer.

Mais la grogne qui monte à droite, dans l'électorat comme chez les élus, est du pain béni pour lui, qui l'élève au rang de contestateur en chef du Président. Nicolas Sarkozy, NDA le connaît depuis son entrée au RPR, en 1993. A l'époque, Sarko et sa bande le regardait déjà de travers quand il avait ravi à Karoutchi le poste stratégique de secrétaire aux Fédérations.

Aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan ne pardonne pas au nouveau président de la République d'avoir déçu « l'espoir qu'il a suscité à droite » pendant la campagne. « En juin 2007, il avait une légitimité fabuleuse pour remettre en cause la pensée unique sur l'Europe à Bruxelles, peste-t-il. Mais sa vanité l'a emporté sur la raison. »

Hérault depuis plus de dix ans de la contestation d'une construction européenne qui menace, selon lui, « la grandeur de la France » - grandeur qu'il met en première ligne de son programme de gaulliste social-, Nicolas Dupont-Aignan profite de son indépendance pour voter contre le traité de Lisbonne, qu'il surnomme « Le coup d'Etat simplifié ». Le 8 avril, il soutient la motion de censure, à l'inverse de Bayrou. Regain d'intérêt des journalistes qui viennent chercher ses piques contre Sarkozy tandis qu'une poignée de députés le félicitent (discrètement) de ses interventions à la tribune. « Nous partageons beaucoup d'idées, notamment sur l'Europe, confie Jacques Myard, député UMP des Yvelines. Mais il a fait l'erreur de se marginaliser. »

Nicolas Dupont-Aignan n'est pas d'accord : « je ne me fie pas au raisonnement de la Salle des Quatre Colonnes. L'un de mes plus gros atouts, c'est mon réseau local. » Au moins une fois par semaine, le député-maire d'Yerres se rend en province : Lorraine, Bretagne, Centre… Cette semaine, c'est Marseille et Toulon, où il espère pouvoir renforcer son parti qui compte un peu moins de 10 000 adhérents aux profils variés - chevènementistes, anciens RPR ou encore villiéristes - qui l'animent dans 72 départements.

Parmi eux, Dominique Farçy, retraité et bénévole qui a « levé le doigt pendant le meeting de la Maison de la Chimie en 2007 » quand Nicolas Dupont-Aignan a demandé si certains souhaitaient se présenter aux législatives. Aujourd'hui il travaille presque à plein temps à la permanence de Yerres au milieu des milliers de tracts que les militants envoient à travers toute la France. Ce petit local est le QG d'une propagande nerveuse alimentée par les bonnes volontés : privé des subsides de l'UMP, Debout la République fonctionne avec 350 000 à 400 000 euros par an, en comptant les cotisations des adhérents, contre 600 000 en 2007. Une rigueur qui oblige cet « opposant professionnel », comme se surnomme Nicolas Dupont-Aignan, à être sur le pont à plein temps, s'accordant juste de quoi profiter de sa famille et de sa ville.

Ecole Saint-Exupéry, promenade Barbara, Cinéma Paradiso… A Yerres, « NDA » a marqué la ville de ses goûts. Faites le tour de la bâtisse rococo de la mairie, fouillez-en les couloirs et retournez chacune des chaises, vous n'y trouverez pas un seul drapeau européen !

Envoyé un peu par hasard dans cette commune des Yvelines pour se présenter contre un maire socialiste réputé imbattable, il est élu dès le premier tour en 1995. « Mon premier miracle », confie-t-il. Le second fut son élection comme député en 1997, au second tour cette fois et d'une courte tête (50,4%).

Depuis, il gère sa municipalité avec l'expérience acquise comme conseiller technique à la politique de la ville entre 1993 et 1995 chez François Bayrou puis Michel Barnier. En 2008, il est le maire le mieux élu de France, avec 78% des suffrages exprimés au premier tour.

Il préfère de loin la gestion de sa ville aux intrigues de parti. Ses premiers problèmes avec le RPR remontent à 1999, quand il s'oppose au traité d'Amsterdam - attitude jugée par ses coreligionnaires indigne du secrétaire national qu'il est alors. Toujours au sein du parti, il soutient la liste Pasqua-Villiers aux élections européennes et devient secrétaire général adjoint de leur Rassemblement pour la France. L'aventure se termine au bout de trois mois et il revient au RPR, « la queue basse, pour assister au détricotage du parti gaulliste », se souvient-il.

Gaulliste : il défend bec et ongles cet adjectif que l'UMP lui dénie. Il faut dire que ses positions eurosceptiques lui attirent des voisinages un peu sulfureux. « Je suis un républicain, insiste-t-il. Je ne veux pas être amalgamé avec le souverainisme ringard de Villiers : je suis un progressiste ! »
Philippe de Villiers, lui, aimerait bien capter la nouvelle aura du président de Debout la République : « Nicolas Dupont-Aignan fait le même bon constat que nous sur l'impossibilité de faire de la politique en France quand tout se décide à Bruxelles », explique Patrick Louis, député européen MPF. Paul-Marie Coûteaux espère aussi ce rapprochement qu'il tente de favoriser en vue des élections européennes de 2009.

Bref, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais été aussi courtisé mais il préférerait choisir ses prétendants. Son objectif est simple : « survivre jusqu'en 2012. » « Aujourd'hui, je ne vois personne qui veuille reprendre le flambeau de mes idées », déplore-t-il. Un avis que partage François-Xavier Vilain, député-maire de Cambrai affilié à DLR : « Je me retrouve dans ce qu'il exprime et il est le seul à porter ces idées-là sur l'Europe à droite. Les électeurs commencent à le connaître ! », ajoute-t-il. « Sincère » pour beaucoup, il est, pour un journaliste qui l'a suivi toute la campagne durant, « trop gentil. » Mais, de l'avis général, c'est un véritable acharné.

Sa motivation ? Des pères de famille qui l'encouragent à la sortie de la boucherie. Pour lui, le non au référendum sur le TCE a été le signal : « on a une élite d'abandon qui n'aime plus le peuple et vous voudriez que je travaille avec cette élite ? » Qu'il se rassure : cette élite n'a pas l'intention de lui proposer le moindre job. Face à un Président qui remet en cause la laïcité, réintègre l'Otan ou reste passif face à l'euro fort, NDA voit venir la révolte. « Ca va finir dans la rue, toute l'histoire est faite de ça, dit-il d'un air d'évidence. Il y aura besoin d'une recomposition politique et j'espère modestement pouvoir y participer. » Pour l'instant, Nicolas Dupont-Aignan organise la résistance. Seul.

Source: Marianne article de Sylvain Lapoix publié le 23 Avril 2008

« Une récitation des slogans de la campagne présidentielle »

Communiqué de presse du 24/04/2008

Le président n’a pas changé

Ce soir, le Président n’a pas répondu aux interrogations légitimes des Français.

Sur la crise du pouvoir d’achat, il n’a livré aucune proposition nouvelle ni aucune stratégie globale pour relancer l’économie française et européenne.

En matière internationale, ce fut un exercice de langue de bois occultant la gravité des orientations prises, par exemple sur l’Afghanistan, la Turquie ou l’OTAN.

En définitive, Nicolas Sarkozy s’est auto-justifié en faisant mine de croire qu’il ne s’agit que d’un problème de communication. Ce n’est pas cette récitation en boucle des slogans de sa campagne présidentielle qui rassurera les Français.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

Source : Debout La République